CaraĂŻbes

HIVERNAGE DE POM III A TRINIDAD 🌮

 

AprĂšs une trĂšs courte saison Ă  Saint Martin…….il nous faut penser Ă  mettre POM III Ă  l’abri de la saison cyclonique.

Cette année est une année particuliÚre pour nous car nous marions notre fille en juillet .

Nous ne naviguerons pas du mois de juillet Ă  fin octobre. La saison cyclonique va du 1 juin au 1 novembre.

Depuis IRMA, les conditions d’assurance des bateaux ce sont durcies  sur les Antilles…..Et il n’est pas possible de laisser POM III Ă  Saint Martin.

 

Le Capitaine optera pou hiverner POM III Ă   Trinidad. C’est une ile qui se trouve dans le Sud des Antilles.

 

Je pars en Métropole dÚs le mois de mai afin de préparer ce magnifique évÚnement et laisse mon capitaine de mari seul sur le bateau.

POM III descendra dans le sud fin mai avec à son bord 4 magnifiques marins 😇

Le capitaine : Dominique (2° sur la photo en partant de la gauche)

Equipier N°1 : Mathias Herest – trĂšs grand navigateur (1° sur la photo en partant de la droite)

Equipier N°2 : Nicolas Ramis – Marin hors pair qui a dĂ©jĂ  fait cette route plusieurs fois (1° sur la photo en partant de la gauche)

Equipier N°3 : Gilles Corbinien – C’est une premiĂšre ! Par contre la mer il connait trĂšs bien. C’est un grand amateur de Kitsurf et de Paddle. (2° sur la photo en partant de la droite)

N’Ă©tant pas du voyage, j’ai demandĂ© Ă  Gilles d’Ă©crire cet article. Je sais qu’il a pris beaucoup de plaisir en le rĂ©alisant et moi en le lisant. Toutes les photos sont de l’Ă©quipage.

Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouverai  dÚs le mois de novembre pour de nouvelles aventures sur POM III.

L’Ă©quipage : Nico – Domi – Gilles et Mathias

 

(Texte Ă©crit par Gilles)

POM III dans le SUD

 

A l’approche de la saison cyclonique les bateaux tels des oiseaux migrateurs vont se mettre à l’abri dans le SUD


Se mettre à l’abri c’est descendre sous le 11ieme parallùle.

Si l’on est à Saint Martin ça signifie une belle descente de 500 MN vers le sud


Vers TRINIDAD


Il y a quelques semaines Dominique et Mapi m’ont proposĂ© de faire partie de l’équipage qui convoierai POM III jusqu’à TRINIDAD
 Comment ne pas mettre son sac a bord quand on vous propose la possibilitĂ© d’une telle aventure


Le 18 mai 19 j’embarquai donc sur POM III amarrĂ© aux pontons de la Marina Fort Louis 


Avant de prendre la mer il faut prendre soin de l’équipage, l’avitaillement est donc un moment important.

Equipe de nos cabas et sacs isothermes nous sommes partis avec Dominique faire nos courses chez U


U un samedi matin 10h à Marigot, c’est pas la meilleure option pour un avitaillement vite fait bien fait 


10 pacs d’eau, quelques boudins saucissons biùres fromages etc 
 etc


1h et 2 caddys plus tard retour vers POMIII pour enfin larguer les amarres


 

A bord nous retrouvons le reste de l’équipage, c’est lĂ  que commença le voyage, par de belles rencontres.

Dominique Nicolas Matias et Gilles, nous allions emmener ensemble ce bateau à TRINIDAD et passer les 7 jours à venir en vase clos à bord de POMIII


Nous quittons la Marina Ă  14h,  dĂšs la manƓuvre de sortie on sent une grosse Ă©nergie Ă  bord et surtout une maitrise impressionnante du sujet
 j’embarque avec des vrais marins des gars qui ont quelques milliers de milles dans les tripes.

 

DEPART DE SAINT MARTIN 

 

Dominique le CAPITAINE,  toujours trĂšs calme en apparence, est  Ă©conome en mots, il vous fait passer ces consignes d’une voix sure avec un sourire rassurant qui se prolonge par une petite ride au coin de l’Ɠil. Il connaĂźt son bateau, il l’aime et cela transpire dans sa façon de faire marcher son bateau.

Nicolas aime la voile il aime les bateaux et son expérience de skipper régatier se ressent dans sa façon de gérer le bateau.

Nicolas est le seul Ă  avoir dĂ©jĂ  fait  route directe vers TRINIDAD il sait que la ballade va ĂȘtre belle et son enthousiasme se communique Ă  l’équipage


Mathias est un marin, un pur,  la main large, de gros doigts taillĂ©s pour les Ă©coutes
 Seulement quelques tours de winch pour finir d’aplatir la voile d’avant le reste il l’a brassĂ© a la main sans qu’elle ne faseille !

La dĂ©jĂ ,  dans cette manƓuvre tout est dit


Son visage est burinĂ© par le soleil, un sourire timide,  le regard est profond  empli de souvenirs d’ocĂ©an


Je sais que ce convoyage va ĂȘtre une belle expĂ©rience et qu’au contact de ces 3 navigateurs,  je vais apprendre.

J’ai le sentiment de ne pas ĂȘtre un mauvais marin mais je suis loin d’avoir le CV maritime de ces gars, la seule chose qui me met Ă  leur portĂ©e c’est ma passion inconditionnelle pour la mer et tout ce qui me rapproche d’elle


Les voiles sont Ă©tablies et nous faisons route vers les AVES (15°40’18’’N, 63°36’59’’) premiĂšre Ă©tape de notre navigation.

 

L’idĂ©e du CAP c’est de poser le pied sur ce banc de sable revendiquĂ© par le VENEZUELLA.

 

REUNION TECHNIQUE ENTRE MARINS😉

 

 

La nuit tombe alors que nous sommes au vent de SABA, le bateau marche bien,  les voiles sont rĂ©glĂ©es comme en rĂ©gate,  Nicolas veille,  POM III doit toujours ĂȘtre au mieux de ses capacitĂ©s en fonction des conditions
 la sensation de glisse est magique naviguer au-dessus de 11 NƓuds par vent de travers avec Ă  peine 18 nƓuds de vent apparent c’est magique.

 

INSTALLATION DE « PEDRO » L’HYDROGENERATEUR PAR DOMI ET MATHIAS

 

Chacun prend ses marques Ă  bord
 le CAP est Ă  la table Ă  cartes il fait sa route et s’éclate avec son systĂšme de navigation
 Matias est plongĂ© dans « LA CONTROVERSE DE VALLADOLID » je commence « SEROTONINE »

Je sais ce n’est pas trĂšs appropriĂ© de lire du Houellebecq dans de telles circonstances ?  surtout ce bouquin, mais finalement ça c’est plutĂŽt bien passĂ© « mĂȘme pas mal ! »

Lire l’histoire d’un mec au bout de sa life,  enfermĂ© dans une chambre d’hĂŽtel et qui fume des clops et qui t’explique le vide de son existance,  alors que tu es au milieu de la mer des caraĂŻbes avec sous le vent le soleil qui se couche,  au vent la lune qui se lĂšve et au-dessus de ta tĂȘte les premiĂšres Etoiles qui scintillent,  ça invite Ă  une certaine introspection.

En mer le temps ne s’écoule pas de la mĂȘme façon et tu ne sais pas si tu as lu 1 heure ou si tu as regardĂ© la mer le ciel la lune et ces milliers de poissons volants
 En tous cas au bout d’un moment tu emmerdes Houellebecq  et ces bouquins fins de civilisation


La nuit est là,  premier repas à bord, j’essaie de compenser mon niveau de voileux par mes aptitudes culinaires histoire de montrer aux autres que je ne suis pas là pour faire de la figuration, faut  dire qu’avec ces 3 là !!!  La barre est plutît haute


Jamais trouvĂ© aussi facile de cuisiner Ă  10 nƓuds par vent de travers sur un bateau
 comme Ă  la maison !!

Sets de tables couverts assiettes et verres sont disciplinĂ©s et ont la dĂ©licatesse de rester devant chacun des convives
 les Boudins noirs n’ont pas de succĂšs le saucisson oui ??

ConsidĂ©rant le premier repas c’est clair on a trop Ă  manger un caddy chez U aurait suffi


11H organisation des quarts : qui va dormir? En fait, tout ce fait naturellement dans ce genre de navigation Ă  4 tu dors quelques heures quand tu es fatiguĂ© en pensant aux autres sur le pont prĂȘt Ă  les remplacer


Je suis  plutĂŽt du matin et donc sur le pont  avant le lever du jour pour assister Ă  de magnifiques levers de soleil, quand la lumiĂšre commence juste Ă  pointer
 en quelques minutes le bleu fait son apparition on sent que le systĂšme solaire oĂč nous habitons fonctionne merveilleusement bien au milieu de l’ocĂ©an.

Aucune terre en vue,  la lumiùre arrive au-dessus de l’horizon,  tout change, on passe de nuances de gris de noir,  du scintillement de la lune et des Etoiles aux bleus roses et oranges du reflet du soleil sur les nuages et c’est beau


La nuit
 c’est l’occasion d’échanger quand on veille sur la mer,  alors on raconte ces souvenirs d’aventures maritimes, quand les histoires sont belles elles sont bonnes Ă  raconter et souvent elles vous emportent, je garderai en mĂ©moire les descriptions que m’ont fait MAT et NICO de la 600 miles sur le TRIMARRAN D’ERIC CLEMENT les nuits froides aspergĂ©s d’eau de mer en permanence la viande sĂ©chĂ©e pour seul avitaillement les vĂȘtements mouillĂ©s le seau comme seul ustensile vaisselle toilettes etc


RĂ©sultat Nico n’a pas chier pendant 3 jours
 Ça lui laissa tout le temps de faire la route avec son IPAD enfermĂ© dans un sac Ă©tanche.

Une course physique, dure
 le bateau au maximum de ses possibilitĂ©s un Ă©quipage Ă©puisĂ© au bout de trois jours de mer autour des iles du nord et pourtant quand ils en parlent les yeux pĂ©tillent et ils seraient prĂȘts Ă  le refaire dĂšs demain


Qu’est ce qui nous pousse ainsi Ă  vouloir vivre ce genre d’expĂ©rience ?

Pendant que Nico et Mat racontent le bateau avance la nuit est belle on est bien


Milieu de matinée le 19 juin,  les AVES sont en vue, 

 

on distingue une sorte de plateforme avec quelques containers empilĂ©s qui forment sans doute une base de vie, le tout posĂ© sur un grand banc de sable qui doit reprĂ©senter 3 terrains de football.  Il y aussi un bateau de guerre mouillĂ© devant la base de vie,  pas trĂšs cool considĂ©rant l’historique des AVES revendiquĂ©e par le VENEZUELLA mais contestĂ©e par d’autres.

 

Il faut aussi tenir compte de la situation chaotique qui rĂšgne au VENEZUELLA en ce moment.

En fait on ne tient compte de rien et nous faisons route vers l’ile et son bateau de guerre à 10 nƓuds avec nos voiles noires tels des pirates


On va mouiller Ă  cĂŽtĂ© du bateau ! Mettre l’annexe Ă  l’eau et on va aller faire des chĂąteaux de sables sur l’ile
 De plus,  il y a peut-ĂȘtre une petite vague derriĂšre ce grand banc de sable ?  Je me vois dĂ©jĂ  gonfler le Paddle de DOMINIQUE pour aller chopper une ou 2 vagues histoire de dire


 

C’est Ă  ce moment, alors que nous sommes en train de nous rĂ©jouir, que la VHF canal 16 nous interpelle, une voie fĂ©minine en anglais avec un fort accent hispanique nous dit en rĂ©sumé :

« Le bateau avec les voiles noires qui fait route vers nous quelles sont vos intentions ???? »

ChĂąteau de sable et Paddle Board   ne sont pas une rĂ©ponse adĂ©quate dans ce genre de circonstances surtout quand tu t’adresses à  un bateau qui un gros canon ne demandant qu’à pointer dans ta direction !!


Nous lui faisons donc simplement part de notre volontĂ© de faire un stop rapide d’une ou 2 heures sur l’ile


La réponse est sans appel :

« Non ! On va effectuer des essais de tir donc passez votre route !! »

Ok merci madame viva Venezuella !!

Quelques minutes plus tard alors que les AVES sont dans notre tableau arriĂšre,  la VHF nous rappelle (pour les bĂ©otien ça se passe sur le canal 16, c’est comme la national 7 mais pour les VHF)

C’est toujours la dame (sur le 16) :

« J’ai quelques questions Ă  vous poser ! »

Là je me fais un film


Merde ?! Elle va nous demander quoi ? 
 ils vont nous envoyer un semi rigide ?
  va falloir affaler ?! Ils vont peut-ĂȘtre vouloir monter Ă  bord
 Le CAP va flipper pour la coque de POM III
   en plus ce sont des militaires, ils doivent avoir des rangers,  les semelles de rangers sur un pont blanc c’est au moins 2 heures de nettoyage Ă  la brosse et au savon de Marseille comme j’ai endossĂ© le rĂŽle de matelot c’est moi qui vais me farcir le nettoyage


Finalement on a eu tout bon au questionnaire, d’oĂč on vient, oĂč on va, combien on est, un zĂ©ro faute on a gagnĂ© questions pour un Champion de la Marine VĂ©nĂ©zuĂ©lienne aux AVES


Ca se termine par un :

«  Bon voyage merci madame   »

Et Re VIVA VENEZUALA !!!!!!

L’épisode AVES n’était pourtant pas terminĂ©.

Au moment oĂč le CAP dĂ©cide de virer, je passe en mode vieux pĂ©cheur Breton et signal une Ă©norme chasse devant le bateau.

 

Ca gigote en surface, il y a des oiseaux partout qui plongent avec des FREGATES qui tournent au-dessus,  c’est sĂ»r il y a du poisson, la ligne est Ă  l’eau pourquoi ne pas rester sur le mĂȘme bord ?

5 MN plus tard, une touche, on sort une belle CARANGUE


Le vent monte, il faut rĂ©duire, je remets la ligne Ă  l’eau on ne sait jamais ?…A peine ai-je remis la ligne que je me tape la touche de ma vie ça part comme dans les films

Zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz

   LĂ  je suis perdu je n’ai jamais utilisĂ© ce type de moulinet
 le frein c’est oĂč ??? Comment on rembobine ??? Faut dire qu’habituellement je pĂȘche au diabolo 


Heureusement Nico prend les choses en mains, le CAP et MAT ralentissent le bateau, c’est vrai qu’à 11 nƓuds c’est pas vraiment facile pour Nico, mĂȘme si on l’encourage, le mec en bave, Mat fait ce qu’il peut pour ralentir  POM III qui ne demande qu’à prendre de la vitesse, le CAP me donne la gaffe et sort le tĂ©lĂ©phone (pas pour appeler la criĂ©e mais pour faire des photos, je prĂ©cise
)  Nico m’amĂšne le poisson sur Tribord nous sommes Ă  5/6 NƓuds (good job Mat !) premiĂšre fois que je gaffe un poisson aussi gros, la pression est Ă  son comble, c’est le VIEL HOMME ET LA MER
 la lutte est dantesque, 


 

Je sors un YELLOWFIN de 50KG
 Bon ok ??  AprĂšs vĂ©rification par le comitĂ© de pĂȘche locale, la pesĂ©e sera ramenĂ©e Ă  une vingtaine de kilos, certains diront 15, nous dirons donc entre 15 et 20


 

 

Ça reste le plus gros poisson que j’ai jamais pĂȘché 

PĂȘcher c’est super, vider un Yellowfin de 50 kg, pardons 15, c’est pas super !!! (voir photo sur le blog)

Le manger en tartare, en curry, en carpaccio, c’est vraiment super !!!!

Yellowfin vidĂ© aprĂšs un dĂ©jeuner toujours Ă  11 nƓuds (boudin noir toujours pas de succĂšs
) et un lĂ©ger contre bord,  nous faisons route vers Trinidad, l’aprĂšs-midi passe paisiblement, sieste, regarder la mer, faire marcher le bateau, lire, discuter


 

 

Nous sommes complĂštement dedans, nous sommes dans notre voyage en mode traversĂ©e, chacun a trouvĂ© son rythme et l’on se prend Ă  penser que ça pourrait durer comme ça des semaines
 regarder l’ocĂ©an dĂ©filer
 manger
 dormir
 discuter
 dormir 
manger
 ne plus pĂ©cher
 changer de voile
 border
 choquer
 abattre de 10
 lofer de 10
 manger
 dormir
 Ă©couter l’autre raconter
 regarder l’ocĂ©an dĂ©filer
 suivre le poisson volant qui fera le plus grand vol
 border
 choquer
 prendre un ris
 dormir
 manger regarder l’ocĂ©an dĂ©filer


Mat me raconte alors sa Bermuda race Newport, les Bermudes en hiver alors qu’il est skippeur d’un SWAN le routeur leur annonce 70 nƓuds de vent, 2 choix : aller Ă  terre avec peu d’options pour atterrir ou partir dans la dĂ©pression en Ă©vitant de retourner dans le Gulf Stream.

Un mouchoir de poche en guise de GV pour maintenir le bateau dans 70 nƓuds de vent, un Ă©quipier qui panique, le bateau couchĂ© par une vague de travers
 J’y suis, j’imagine, il fait nuit, on regarde l’ocĂ©an dĂ©filer et l’on rĂȘve.

Merci Mat


Il est 1h du matin le 20 quand nous arrivons à TRINIDAD aprÚs 60 heures de mer, alors que je suis endormi dans la cabine avant, Nico me réveille :

« Gilles on arrive  »

 

 

 

Merci Nico.

On entre de nuit dans la passe pour aller mouiller dans une petite baie, on ancre, le CAP coupe le moteur et pour la premiĂšre fois depuis 60 heures nous sommes dans le silence, tout est calme, rien ne bouge,  autour de nous on distingue des mornes avec une vĂ©gĂ©tation dense Ă©clairĂ©e par des rayons de lune


Il est temps de retourner dormir


 

 

6H l’équipage est sur le pont, le soleil pointe derriĂšre les mornes, la nature s’éveille, on distingue de nombreux rapaces posĂ©s aux sommets de grands arbres, la vĂ©gĂ©tation est dense, des couples de perroquets  traversent la petite baie oĂč nous sommes
  C’est beau


Il temps maintenant de terminer cette navigation et d’emmener POM III vers sa destination finale pour une mise au sec de quelques mois au chantier PEAK.

Apres 10mn de nav au moteur nous mouillons devant le chantier


Mise Ă  l’eau du dinghy pour aller faire la clearance cette formalitĂ© qui devait nous prendre 1 petite heure prendra finalement la matinĂ©e au bureau du port.

Le soir apĂ©ro au resto du chantier, alors que nous buvons une biĂšre, un marin assis  seul 2 tables plus loin nous demande d’oĂč nous venons la conversation se lie et nous l’invitons Ă  notre table


Il est Hollandais, grand, svelte, chemise blanche, il dégage la noblesse de ces marins de plaisance du passé, il a 78 ans et navigue en solo sur un cata de 62 pieds, il navigue depuis 87 et vient de mouiller son cata devant le chantier terminant ainsi son 4Úme tour du monde.

Il est fatiguĂ© malgrĂ© un physique incroyable pour un type de 78 ans, il nous explique qu’il va mettre le bateau Ă  sec, le mettre en vente et rentrer retrouver ceux qu’il aime, sa femme qui l’aime encore et qui l’a quittĂ© il y a quelques annĂ©es usĂ©e par ces annĂ©es de navigation autour du monde, on sent dans sa façon de nous raconter qu’il est en train de tourner une page, il nous dit que pour lui le grand voyage en bateau c’est fini, qu’il est en train d’atterrir, nous sommes Ă©mus par cet Ă©change, c’est aussi ça le grand voyage, un jour le bateau reste au sec, le marin pose son sac Ă  terre et ne reste que des souvenirs Ă  partager
 Des histoires Ă  raconter


Le lendemain matin c’est le grand jour POM III est grutĂ© Ă  sec et trouve sa place dans le chantier tout se passe bien, mission accomplie le CAP est heureux, il regarde POM III sortir de l’eau et me dit :

« J’aime ce bateau, je ne regrette pas mon choix  »

Je connais peu Dominique mais Ă  ce moment l’émotion est palpable,  il y a derriĂšre ces quelques mots des annĂ©es de rĂȘves, des mois de suivi et d’élaboration de ce beau projet, puis vient la construction et la mise en main de ce 60 pieds Ă©quipĂ© d’un grĂ©ement de bateau de course qui se solde par une traversĂ©e de l’atlantique et enfin ce convoyage qui clĂŽture la premiĂšre magnifique annĂ©e de POM III


POM III est à sec, démarre alors le désarmement.

 

 

 

 

 

 

One Love One Life One Island…..Saint Martin😉Merci Nico pour ce clin d’oeil 🌮

 

 

Soleil, chaleur, rincer le bateau
 tout rincer à l’eau douce
 prendre soin du bateau
vider les frigos.

Ce grand nettoyage tombe à « PEAK » pour les gars qui bossent et vivent sur le chantier.

C’est l’anniversaire de l’un d’eux.

La journée de travail terminée,  ils improvisent des buts au milieu des bateaux pour jouer au foot.

 

 

CHRISTINE…..SUR LE BATEAU S’EST DOMI QUI PASSE LE BALAI….

 

 

 

Ce jour-là, le match se termine par une dégustation de Chablis, charcuterie et Yellowfin, reste de notre avitaillement


Le soir nous sommes épuisés.

Direction les 2 seules chambre disponibles du chantier.

Distribution des clefs et Ă©clats de rire.

Le Cap et Nico se retrouvent dans une chambre avec un single bed
 Les blagues fusent


Le CAP ne dine pas et se tape une nuit de 12h. Faut dire qu’on n’a pas chaume …

Nous terminons notre journĂ©e autour d’une biĂšre et quelques parties de BACKGAMON

Au réveil, le lendemain Mat me dit :

«  C’est dingue quand je suis en mode bateau je fais des rĂȘves incroyables, cette nuit j’ai rĂȘvĂ© de Sebastien Chabal ???? S E B A S T I E N  C H A B AL ?????, j’y connais rien au rugby je ne vois pas ce qu’il venait faire dans mon rĂȘve? »

Moi non plus? Je ne vois pas, j’ai beau faire un effort ?? Non Chabal 
 ???

C’est dingue les gens qui dĂ©barquent comme ça dans tes rĂȘves sans rien demander ??

Le lendemain j’attends avec impatience de savoir qui a fait irruption dans le rĂȘve de MAT et lui demande s’il n’a pas, par hasard ??, rĂȘvĂ© de Stephane Bern.

Ça semble aussi incongru que de rĂȘver de Chabal,  on ne sait jamais?

La réponse est négative, je suis rassuré, Mat va mieux, on retourner bosser


Le Vendredi fut notre dernier jour de boulot, le dĂ©sarmement de POM III se termine, reste pour le CAP Ă  rĂ©gler quelques dĂ©tails avec l’assistance de NICO pour les traductions, l’anglais n’est pas son fort.

 

On traine sur le chantier,  on rĂȘve de racheter la moitiĂ© des bateaux qui semblent abandonnĂ©s depuis des annĂ©es.

 

On dĂ©couvre les ports d’attache de chacun, Lorient, Nantes, NZ, US, UK il semble que tous les bateaux du monde se donnent un jour ou l’autre rendez-vous chez PEAK


On respire une derniùre fois l’atmosphùre unique du chantier


Fin de matinĂ©e,  un taxi  nous conduit Ă  notre hĂŽtel Ă  cĂŽtĂ© de l’aĂ©roport,  il faut ĂȘtre Ă  l’enregistrement Ă  5h15


Apres une traversĂ©e des quartiers de TRINIDAD, nous nous engageons sur une sorte d’autoroute, l’urbanisme est trĂšs ressemblant Ă  celui de Saint Martin, chaotique, colorĂ©e, musicale, sale, mais tellement vivant


Dans le taxi, musique Ă  fond et on a du mal Ă  se parler, ça ne semble pas gĂȘner notre chauffeur qui passe son temps Ă  klaxonner les passantes aux formes voluptueuses


Au sortir de ce pseudo autoroute, on tombe sur un bouchon.

Le TAXI man nous dit que d’habitude il faut 35 minutes pour aller Ă  l’aĂ©roport, mais lĂ , vu l’embouteillage ça risque de prendre plus de temps, il doit y avoir une cĂ©rĂ©monie Indou.

Au dĂ©tour d’un virage, un parking plein de voiture comme pour un match ou une fĂȘte.

L’une des voitures a 2 Ă©normes haut-parleurs sur le toit qui crachent de la musique indienne.

A une centaine de mĂštres,  un attroupement en cercle autour d’un tas de palettes d’une hauteur de 2 Ă  3 mĂštres. Au sommet de l’édifice on distingue ce qui doit ĂȘtre un corps, enroulĂ© dans un linceul blanc. Au pied de l’édifice une fumĂ©e blanche s’échappe laissant supposer que l’on vient d’allumer le brasier.

Nous sommes en train de passer devant une crémation en plein air.

Il s’agit de la communautĂ© Indou de TRINIDAD.

Je me souviens alors d’une saga radiophonique de Daniel Mermet sur l’Inde, tout est lĂ , nous sommes en Inde, transportĂ© dans un autre univers.

Je ne peux m’empĂȘcher de penser aux palettes empilĂ©es pour ce brasier.

Elles ont peut ĂȘtre servie au transport de dizaines de caisses de biĂšre locale pour terminer comme combustible dans une crĂ©mation 
 Notre monde est plein de paradoxes


« Faut que j’arrĂȘte de lire Houellebecq   !!! »

Notre derniĂšre aprĂšs-midi se passe aux abords de l’aĂ©roport,  aprĂšs la station-service Ă  cĂŽtĂ© du KFC il y a un centre commercial avec des restaurants.

Dans l’un de ces restaurants, tu rentres, tu te dĂ©sinfecte les mains avec un savon liquide, tu mets un gant en plastique et tu te sers dans une boite en plastique. Tu passes Ă  la caisse, la dame pĂšse et tu vas t’assoir.

Aussi surprenant que ça puisse paraitre, c’est bon
 Ça doit ĂȘtre meilleur que KFC ??

 

La derniĂšre soirĂ©e se passe autour de quelques biĂšres et d’une partie de billard.


La table est complĂštement dĂ©glinguĂ©e, les boules changent de direction en fonction du relief et font mĂȘme marche arriĂšre.

On s’aperçoit au bout de quelques parties qu’il manque 3 boules


Mat nous met une tîle,  je fini dernier du tournoi,  il est temps de rentrer à la maison


Ce convoyage qui commence par des courses à U et se termine par une partie de billard dans un hîtel glauque de Trinidad, je ne l’oublierai pas.

Ce fut un magnifique voyage en Ă©quipage de 7 jours…

Ce n’est pas la destination qui compte, c’est le voyage et les rencontres, les petits instants et les grands moments de plĂ©nitude.

C’est le regard bienveillant que l’on pose les uns sur les autres.

Le regard que l’on pose sur le monde qui nous entoure


Ce monde, il est beau,  plein de surprises


Il suffit d’ouvrir les yeux


Merci Dominique (CAP)

Merci Mapi

 

2 commentaires

  1. Bonjour,
    Je me permets d’adresser ce message car je suis Ă  la recherche d’un Nicolas RAMIS que j’ai connu il y a longtemps. Et, je me demande si c’est la mĂȘme personne dont vous parlez.
    Celui que j’ai connu a vĂ©cu Ă  Marseille, dans le 11Ăšme et nous avons fait du karatĂ© ensemble.
    Je garde de trĂšs bons souvenirs de notre amitiĂ© et j’ai voulu savoir ce qu’il est devenu d’oĂč ma dĂ©marche.
    J’espĂšre que vous dĂ©ciderez de me rĂ©pondre.
    Cordialement,
    Nathalie SUBRA

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